Immobilier & Habitat

Plus-value sur résidence secondaire : calcul, abattements et exonérations

10 min de lecture ·Mis à jour le 26 septembre 2026 ·Par la rédac WTRNS
Maison de campagne en pierre aux volets fermés avec bordure de lavande et olivier dans la lumière dorée du soir

Tu revends ta résidence secondaire et tu te demandes combien d’impôt tu vas payer sur la plus-value, et au bout de combien d’années tu en serais exonéré ? Contrairement à la résidence principale, une maison de vacances ou un appartement secondaire est taxé à la revente, avec un taux global qui peut dépasser 36 %. Voici la méthode de calcul complète, les abattements pour durée de détention, les frais que tu peux déduire et les exonérations à connaître avant de signer.

Le principe : une plus-value taxée à 36,2 %

La plus-value immobilière correspond à la différence entre le prix de vente et le prix d’achat, chacun corrigé de certains frais. Pour une résidence secondaire, elle est soumise à :

  • l’impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 19 % ;
  • les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % ;
  • et, au-delà de 50 000 € de plus-value imposable, une surtaxe progressive de 2 % à 6 %.

La bonne nouvelle : des abattements pour durée de détention réduisent la base taxable chaque année, jusqu’à l’exonération totale. Et c’est le notaire qui calcule et verse l’impôt au moment de la vente, prélevé sur le prix : tu n’as rien à déclarer toi-même dans la plupart des cas.

Étape 1 : calculer la plus-value brute

La formule de base :

Plus-value brute = prix de cession corrigé − prix d’acquisition corrigé

Le prix de cession corrigé

C’est le prix de vente inscrit dans l’acte, diminué des frais supportés par le vendeur : diagnostics obligatoires, commission d’agence si elle est à ta charge, frais de mainlevée d’hypothèque. Pense à garder toutes les factures, y compris celles des diagnostics immobiliers obligatoires.

Le prix d’acquisition corrigé

C’est le prix d’achat payé à l’époque, majoré de :

  • Frais d’acquisition (notaire, droits d’enregistrement) : pour leur montant réel sur justificatifs, ou un forfait de 7,5 % du prix d’achat, sans justificatif. Le forfait est souvent plus avantageux pour un achat ancien.
  • Travaux de construction, agrandissement, reconstruction ou amélioration, réalisés par une entreprise et non déduits par ailleurs : pour leur montant réel sur factures, ou un forfait de 15 % du prix d’achat si tu détiens le bien depuis plus de 5 ans, même sans aucune facture.

Les travaux d’entretien courant et ceux que tu as faits toi-même (le prix des matériaux) ne sont en principe pas retenus pour le montant réel. Le forfait de 15 % est donc précieux.

Étape 2 : appliquer les abattements pour durée de détention

La durée se compte de date à date, entre l’acte d’achat et l’acte de vente. Les abattements ne sont pas les mêmes pour l’impôt et pour les prélèvements sociaux :

Années de détentionAbattement impôt sur le revenuAbattement prélèvements sociaux
Moins de 6 ans0 %0 %
De la 6e à la 21e année6 % par an1,65 % par an
22e année révolue4 %1,60 %
Au-delà de la 22e annéeExonération totale9 % par an
Après 30 ansExonération totaleExonération totale

Pour avoir une idée rapide des abattements cumulés :

Durée de détentionAbattement total IRAbattement total PS
5 ans0 %0 %
10 ans30 %8,25 %
15 ans60 %16,50 %
20 ans90 %24,75 %
22 ans100 %28 %
25 ans100 %55 %
30 ans100 %100 %

Exemple complet de calcul

Maison achetée 200 000 € il y a 12 ans, revendue 320 000 €, frais de vente de 5 000 € (diagnostics et agence), forfaits de 7,5 % et 15 % :

ÉtapeCalculMontant
Prix de cession corrigé320 000 − 5 000315 000 €
Prix d’acquisition corrigé200 000 + 15 000 (7,5 %) + 30 000 (15 %)245 000 €
Plus-value brute315 000 − 245 00070 000 €
Base IR après abattement de 42 %70 000 × 58 %40 600 €
Impôt sur le revenu (19 %)40 600 × 19 %Environ 7 714 €
Base PS après abattement de 11,55 %70 000 × 88,45 %61 915 €
Prélèvements sociaux (17,2 %)61 915 × 17,2 %Environ 10 649 €
Total à payer/Environ 18 363 €

La base imposable à l’IR (40 600 €) reste sous 50 000 € : pas de surtaxe ici. Sans les forfaits frais et travaux, la plus-value brute serait de 115 000 € et la facture grimperait d’environ 12 000 €, sans compter la surtaxe qui deviendrait alors due.

Les cas d’exonération à connaître

  • Première cession d’un logement autre que la résidence principale : exonération d’impôt sur le revenu (pas des prélèvements sociaux) si tu n’as pas été propriétaire de ta résidence principale au cours des 4 années précédant la vente, et si tu réinvestis le prix dans l’achat ou la construction de ta résidence principale dans les 24 mois. L’exonération est proportionnelle à la part du prix réinvestie.
  • Prix de vente inférieur ou égal à 15 000 € : exonération totale, appréciée par vendeur pour un bien en indivision.
  • Retraités ou invalides aux revenus modestes : exonération sous conditions de revenus et à condition de ne pas être redevable de l’IFI.
  • Vente à un organisme de logement social ou à une collectivité qui s’engage à en faire du logement social : exonération sous conditions, selon les dispositifs en vigueur.
  • Ancienne résidence principale : si la maison était ta résidence principale jusqu’à sa mise en vente et qu’elle est vendue dans un délai normal (en général un an), elle reste exonérée, même si tu as déménagé entre-temps.

Résidence principale

Exonération totale de plus-value, quelle que soit la durée de détention, à condition que le logement soit ta résidence habituelle et effective au jour de la vente (ou dans le délai normal de vente).

Résidence secondaire

Plus-value taxée à 36,2 % avant abattements, avec exonération progressive : totale pour l’impôt après 22 ans et pour les prélèvements sociaux après 30 ans.

Les pièges et bonnes pratiques

  • Transformer la résidence secondaire en principale juste avant de vendre : l’administration contrôle la réalité de l’occupation (factures, durée, courrier). Une installation de quelques semaines pour échapper à l’impôt est un montage risqué, requalifiable en abus de droit.
  • Oublier les forfaits : le notaire les applique en général, mais vérifie le projet de calcul qu’il te transmet.
  • Bien hérité ou reçu en donation : le prix d’acquisition est la valeur retenue dans la déclaration de succession ou l’acte de donation, et les frais réels sont ceux payés à cette occasion (le forfait de 7,5 % ne s’applique pas dans ce cas). La durée de détention court depuis le décès ou la donation. Pour les étapes de la succession, consulte notre guide sur l’acceptation ou la renonciation à un héritage.
  • Anticiper la date de vente : quelques mois de plus peuvent te faire franchir une année supplémentaire d’abattement, ou un palier décisif (22 ou 30 ans). Regarde la date anniversaire de ton acte d’achat avant de signer le compromis.
  • Location meublée : si le bien a été loué en meublé, les règles fiscales de la location (amortissements notamment) peuvent modifier le calcul. Fais vérifier par le notaire ou un conseiller.

FAQ

Au bout de combien d’années n’y a-t-il plus de plus-value sur une résidence secondaire ?

Tu es exonéré d’impôt sur le revenu après 22 ans de détention et de prélèvements sociaux après 30 ans. Au-delà de 30 ans, la vente est entièrement exonérée.

Quel est le taux d’imposition de la plus-value sur une résidence secondaire ?

19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 %, appliqués après abattements pour durée de détention. Une surtaxe de 2 à 6 % s’ajoute si la plus-value imposable dépasse 50 000 €.

Qui paie l’impôt sur la plus-value immobilière ?

Le vendeur, mais c’est le notaire qui calcule l’impôt, le prélève sur le prix de vente et le verse à l’administration lors de la signature de l’acte.

Peut-on déduire les travaux sans facture ?

Oui, grâce au forfait de 15 % du prix d’achat, accessible dès que le bien est détenu depuis plus de 5 ans, sans avoir à fournir de justificatifs.

Comment éviter la plus-value sur une résidence secondaire ?

Légalement : attendre les durées d’exonération, utiliser les forfaits frais et travaux, ou bénéficier de l’exonération pour première cession si tu réinvestis dans ta résidence principale sous 24 mois et n’en possédais pas dans les 4 ans précédents.

La plus-value d’une résidence secondaire héritée est-elle imposable ?

Oui, selon les mêmes règles. Le prix d’acquisition retenu est la valeur déclarée dans la succession, et la durée de détention commence à la date du décès.

Ce guide t’a aidé ?

Explore les autres guides qui pettent.

Tous les guides →