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Orientation professionnelle : comment trouver la bonne voie pour votre carrière en 2023 ?

11 min de lecture ·Mis à jour le 12 septembre 2023 ·Par la rédac WTRNS

L’orientation professionnelle ne consiste pas à découvrir soudainement un métier parfait, mais à construire un choix suffisamment clair, réaliste et motivant pour passer à l’action. En 2023, entre transformation numérique, tensions de recrutement, quête de sens et évolution des modes de travail, choisir sa voie demandait déjà de croiser ses envies avec la réalité du marché. Cette méthode vous aide à identifier des pistes solides, à les vérifier sur le terrain et à bâtir un projet de carrière finançable.

Pourquoi l’orientation professionnelle est un choix à construire

Une bonne orientation ne repose ni sur un test en ligne isolé, ni sur le métier exercé par votre entourage, ni uniquement sur le salaire affiché dans une offre d’emploi. Elle naît de la rencontre entre quatre dimensions : ce que vous savez faire, ce que vous aimez faire, les conditions dans lesquelles vous pouvez travailler et les possibilités concrètes d’accès à un métier.

Le contexte de 2023 a renforcé plusieurs tendances : développement des compétences numériques dans presque tous les secteurs, besoins durables dans la santé, le soin, l’industrie, le bâtiment, la logistique ou la transition écologique, et recherche accrue de flexibilité. Pour autant, un secteur qui recrute n’est pas automatiquement une bonne voie pour vous. Un métier en tension peut impliquer des horaires, une charge physique, des déplacements ou un niveau de responsabilité incompatibles avec votre situation.

Votre objectif n’est donc pas de trouver la réponse définitive pour toute votre vie professionnelle. Il s’agit plutôt de choisir une prochaine étape cohérente : évoluer dans votre métier, changer de fonction, vous reconvertir, reprendre une formation ou créer une activité. Un projet peut ensuite être ajusté à mesure que vous obtenez de nouvelles informations.

Étape 1 : faire un diagnostic personnel réellement utile

Avant de chercher des intitulés de poste, clarifiez ce que vous apportez et ce que vous attendez de votre travail. Ne vous limitez pas à votre diplôme ou à votre dernier emploi : beaucoup de compétences sont transférables d’un secteur à l’autre.

Inventoriez vos compétences transférables

Listez cinq à dix expériences significatives : emploi, stage, alternance, bénévolat, projet personnel, pratique sportive encadrée, activité associative ou responsabilité familiale complexe. Pour chaque expérience, décrivez les actions réalisées, les résultats obtenus et les compétences mobilisées.

  • Compétences techniques : utiliser un logiciel, préparer un budget, réaliser un soin, conduire un engin, analyser des données, gérer un stock ou créer du contenu.
  • Compétences relationnelles : accueillir, écouter, négocier, expliquer, former, coordonner une équipe ou gérer un conflit.
  • Compétences d’organisation : prioriser, planifier, respecter une procédure, suivre des indicateurs, gérer des imprévus.
  • Compétences de raisonnement : diagnostiquer un problème, comparer des solutions, contrôler une information, prendre une décision argumentée.

Formulez-les avec des verbes d’action et des faits. Par exemple, au lieu d’écrire « bon relationnel », écrivez : « accueillir quotidiennement des clients, identifier leur besoin et proposer une solution adaptée ». Cette précision servira autant à votre orientation qu’à votre futur CV.

Définissez vos critères non négociables

La satisfaction professionnelle dépend souvent davantage du cadre de travail que du titre du poste. Répondez honnêtement aux questions suivantes :

  • Préférez-vous travailler seul, en équipe, avec des clients, des patients, des élèves ou des partenaires ?
  • Avez-vous besoin d’horaires fixes, de télétravail, de proximité géographique ou d’une forte autonomie ?
  • Quel niveau de revenu minimal devez-vous atteindre, et après combien de temps ?
  • Acceptez-vous une formation longue, des périodes sans salaire ou une mobilité géographique ?
  • Quelles contraintes de santé, de famille, de transport ou de disponibilité doivent être prises en compte ?
  • Quelles valeurs sont importantes pour vous : utilité sociale, stabilité, créativité, impact environnemental, progression, sécurité ou indépendance ?

Distinguez les critères indispensables des préférences. Par exemple, « ne pas travailler la nuit » peut être non négociable, tandis que « avoir deux jours de télétravail » peut être souhaitable mais discutable selon le poste.

Repérez ce qui vous donne de l’énergie

Pendant deux semaines, notez les tâches qui vous stimulent, celles que vous accomplissez facilement et celles qui vous épuisent. Ne confondez pas compétence et envie : vous pouvez être très compétent dans une activité que vous ne souhaitez plus exercer à plein temps. À l’inverse, une activité attirante peut nécessiter un apprentissage important avant de devenir professionnelle.

Étape 2 : explorer les métiers et le marché de l’emploi

Une piste devient crédible lorsqu’elle correspond à une réalité professionnelle précise. Ne cherchez pas seulement « un secteur qui recrute » : recherchez les métiers, les niveaux de qualification, les employeurs, les conditions de travail et les voies d’accès dans votre bassin d’emploi.

Utilisez des sources fiables et complémentaires

Pour une première exploration, consultez les fiches métiers de l’Onisep, les informations sur les métiers et les offres de France Travail, ainsi que les ressources de l’Apec pour les cadres. Les observatoires de branche, les Carif-Oref régionaux et les sites des fédérations professionnelles apportent aussi des données utiles sur les formations, les compétences demandées et les évolutions sectorielles.

Analysez au moins vingt offres d’emploi récentes pour chaque métier envisagé. Relevez les missions récurrentes, les outils cités, le niveau d’expérience demandé, les contrats proposés, les localisations et les salaires lorsqu’ils sont affichés. Cette méthode est plus fiable qu’un classement général des « métiers d’avenir ».

Posez les bonnes questions à un professionnel

Un échange de vingt à trente minutes avec une personne qui exerce le métier permet souvent d’éviter une mauvaise orientation. Contactez d’anciens élèves, des connaissances, des associations professionnelles ou des personnes identifiées sur des réseaux professionnels. Présentez votre démarche comme une enquête, pas comme une demande d’emploi.

  • À quoi ressemble une semaine type dans ce métier ?
  • Quelles sont les tâches invisibles ou les difficultés les plus fréquentes ?
  • Quelles compétences font réellement la différence lors d’un recrutement ?
  • Quelle formation est utile, obligatoire ou simplement appréciée ?
  • Quels profils réussissent et quels profils se découragent ?
  • Quelles évolutions de carrière sont réalistes après deux à cinq ans ?

Ne basez jamais votre projet sur le témoignage d’une seule personne. Les conditions de travail peuvent varier fortement selon l’employeur, le territoire, le statut et le niveau d’expérience.

Étape 3 : comparer vos options avec des critères objectifs

À ce stade, limitez-vous à deux ou trois pistes. Une liste de quinze métiers entretient l’hésitation ; quelques options comparables permettent de décider. Évaluez chaque projet sur une échelle de 1 à 5, puis notez les éléments factuels qui justifient votre score.

Critère de décisionQuestion à vérifierPreuve attendue
Intérêt durableLes missions quotidiennes me donnent-elles envie ?Retours d’immersion, témoignages, expérience concrète
Compatibilité avec mes compétencesQue puis-je mobiliser immédiatement ?Correspondance entre votre bilan et les offres
Accès au métierQuel diplôme, titre ou permis est requis ?Référentiel de formation, exigences réglementaires
Débouchés locauxExiste-t-il des employeurs accessibles dans ma zone ?Offres analysées et liste d’entreprises ciblées
Conditions de travailHoraires, déplacements, pénibilité, autonomie : est-ce compatible ?Entretiens professionnels et immersion
Risque financierQuel coût et quelle perte de revenus pendant la transition ?Budget complet et solutions de financement identifiées

Un métier qui obtient une bonne note d’intérêt mais une faible note de faisabilité n’est pas forcément à abandonner. Il peut simplement devenir un projet à préparer en deux temps : consolider une compétence, épargner, obtenir une certification ou tester le secteur avant une reconversion complète.

Étape 4 : tester un projet avant de vous engager

Le test réduit le risque d’investir plusieurs milliers d’euros dans une formation qui ne correspond pas à la réalité du métier. Il ne remplace pas une formation obligatoire, mais il permet de valider votre intérêt, vos aptitudes et vos contraintes.

  1. Réalisez des entretiens métier : échangez avec au moins trois professionnels exerçant dans des structures différentes.
  2. Demandez une immersion : la période de mise en situation en milieu professionnel, ou PMSMP, peut permettre à certains publics d’observer ou de découvrir un métier. Son accès dépend de votre statut et doit être organisé avec une structure d’accompagnement.
  3. Construisez une preuve de compétence : projet personnel, portfolio, étude de cas, réalisation technique, mission associative ou certification courte.
  4. Suivez un module d’initiation : privilégiez une formation courte, reconnue et directement liée à une compétence demandée.
  5. Mesurez votre ressenti : après chaque test, notez ce que vous avez appris, ce qui vous a plu, les difficultés rencontrées et les compétences à acquérir.

Par exemple, avant de viser le métier de développeur web, réalisez un petit site ou une application guidée ; avant de vous orienter vers la gestion de projet, participez à l’organisation d’un événement ; avant un métier de soin, renseignez-vous sur les prérequis, les horaires et les réalités émotionnelles auprès de professionnels.

Se faire accompagner : CEP, bilan de compétences et autres solutions

Demander un accompagnement n’est pas un signe d’indécision. C’est souvent le moyen le plus rapide de transformer une envie vague en plan réaliste. Le bon dispositif dépend de la maturité de votre projet, de votre budget et de votre besoin d’analyse.

Conseil en évolution professionnelle (CEP)

Le CEP est un accompagnement gratuit, personnalisé et confidentiel, accessible à de nombreux actifs. Il sert à clarifier une situation, comprendre les dispositifs, étudier une évolution ou une reconversion et élaborer un plan d’action. Il est particulièrement pertinent si vous commencez votre réflexion ou si vous devez sécuriser les étapes administratives et financières.

Bilan de compétences

Le bilan de compétences est une prestation plus approfondie, menée par un organisme spécialisé. Il aide à analyser compétences, motivations, aptitudes et possibilités d’évolution afin de formaliser un projet et un plan de formation ou de mobilité. Il convient lorsque vous avez besoin d’un cadre structuré, de temps d’analyse et de plusieurs entretiens.

En France, le bilan de compétences est encadré par le Code du travail. Il comporte généralement une phase préliminaire, une phase d’investigation et une phase de conclusion. Sa durée est plafonnée à 24 heures, réparties sur plusieurs semaines. Son prix varie beaucoup selon l’organisme, la durée et l’accompagnement : comptez souvent environ 1 500 à 3 000 euros. Comparez le programme, les qualifications du consultant, les modalités d’entretien, les avis vérifiables et le suivi post-bilan, plutôt que de choisir sur le seul prix.

Vous pouvez aussi solliciter un conseiller France Travail si vous êtes demandeur d’emploi, le service RH de votre entreprise, une mission locale si vous avez moins de 26 ans, ou un organisme spécialisé dans votre secteur. Vérifiez toujours l’absence de conflit d’intérêt : un accompagnateur sérieux peut recommander de ne pas suivre une formation, y compris lorsqu’il la commercialise.

La formation n’est pas toujours la première réponse. Certaines transitions se réalisent par mobilité interne, validation d’expérience, tutorat ou portefeuille de réalisations. Lorsqu’une certification est nécessaire, vérifiez qu’elle est reconnue, que son niveau correspond au métier visé et que son contenu répond aux annonces analysées.

  • Compte personnel de formation (CPF) : il peut financer tout ou partie de formations éligibles, ainsi que certains accompagnements. Les règles d’éligibilité, plafonds et éventuels restes à charge évoluent ; consultez exclusivement la plateforme officielle Mon Compte Formation avant toute inscription.
  • Projet de transition professionnelle : il peut, sous conditions, permettre à un salarié de financer une formation certifiante dans le cadre d’une reconversion, avec des modalités variables selon sa situation et son ancienneté.
  • France Travail et aides régionales : selon votre statut, votre projet et les besoins territoriaux, une aide à la formation ou à la rémunération peut être envisageable.
  • Validation des acquis de l’expérience (VAE) : elle peut permettre de faire reconnaître des compétences acquises par l’expérience, lorsque celles-ci correspondent à une certification visée.
  • Employeur : un plan de développement des compétences, une mobilité interne ou un cofinancement peuvent être négociés, notamment si votre projet répond à un besoin de l’entreprise.

Avant de signer, demandez le coût total, les dates, le taux d’abandon, les modalités d’évaluation, le volume de travail personnel, les débouchés documentés et les conditions d’annulation. Méfiez-vous des organismes qui garantissent un emploi, présentent le CPF comme « gratuit » sans détailler le reste à payer, ou mettent une pression commerciale immédiate.

Plan d’action sur 30 jours

Un projet avance lorsqu’il est découpé en actions courtes et mesurables. Voici un calendrier simple pour sortir de l’indécision.

  1. Jours 1 à 5 : réalisez votre inventaire de compétences, de valeurs, de contraintes et de critères non négociables.
  2. Jours 6 à 10 : sélectionnez trois pistes et analysez au moins vingt offres par piste.
  3. Jours 11 à 18 : organisez trois à cinq entretiens avec des professionnels et synthétisez les enseignements.
  4. Jours 19 à 24 : lancez un test : immersion, projet, atelier, cours d’initiation ou mission bénévole.
  5. Jours 25 à 27 : remplissez votre grille de comparaison, calculez votre budget et listez les formations strictement nécessaires.
  6. Jours 28 à 30 : prenez rendez-vous avec un conseiller CEP ou un organisme compétent, puis fixez une décision : explorer davantage, candidater, vous former ou écarter une piste.

Les erreurs qui font échouer une réorientation

  • Choisir uniquement pour le salaire : le revenu compte, mais il faut aussi considérer le coût de formation, les années d’expérience nécessaires et les conditions quotidiennes du métier.
  • Confondre secteur porteur et métier adapté : un secteur peut recruter sans que chaque fonction offre les mêmes perspectives ou conditions.
  • Se former sans analyser les offres : une certification attractive mais peu demandée localement peut produire peu de résultats.
  • Ignorer les contraintes personnelles : garde d’enfants, santé, mobilité, finances et disponibilité font partie du projet, pas des détails à régler plus tard.
  • Attendre une certitude totale : elle arrive rarement. Cherchez plutôt un niveau de preuve suffisant pour effectuer la prochaine action réversible.
  • Quitter son emploi sans scénario financier : préparez un budget de transition, vérifiez vos droits et explorez les solutions de formation avant une démission.

FAQ

Comment savoir quel métier est fait pour moi ?

Il n’existe pas de test capable de désigner un métier idéal avec certitude. Croisez vos compétences, vos intérêts, vos valeurs, vos contraintes et les réalités du marché. Ensuite, validez deux ou trois pistes par des entretiens avec des professionnels et une expérience concrète, même courte.

Quel est le meilleur test d’orientation professionnelle ?

Les tests d’intérêts peuvent aider à formuler des idées, mais ils doivent être considérés comme un support de réflexion, non comme un verdict. Un bilan de compétences, des entretiens métier et l’analyse d’offres sont généralement plus utiles pour prendre une décision concrète.

Le conseil en évolution professionnelle est-il vraiment gratuit ?

Le CEP est un service gratuit pour le bénéficiaire lorsqu’il est réalisé par un opérateur habilité. Il ne vous oblige pas à acheter une formation. Vérifiez l’identité de l’organisme et passez par les canaux officiels pour éviter les sollicitations commerciales abusives.

Combien coûte un bilan de compétences ?

Le coût se situe souvent entre 1 500 et 3 000 euros, selon l’organisme, la durée et les modalités d’accompagnement. Des prises en charge peuvent exister selon votre statut et votre projet. Demandez un devis détaillé et vérifiez les solutions de financement avant de vous engager.

Peut-on se reconvertir sans reprendre des études longues ?

Oui, selon le métier visé. Une mobilité interne, une formation courte certifiante, l’apprentissage en situation de travail, une VAE ou un portfolio peuvent suffire dans certains domaines. En revanche, les professions réglementées, notamment dans la santé, le droit ou certains métiers techniques, exigent souvent un diplôme précis.

Faut-il démissionner pour changer de métier ?

Non. Il est souvent préférable de tester votre projet et de préparer votre financement pendant que vous êtes encore en poste. Selon votre situation, vous pouvez mobiliser le CPF, négocier une évolution interne, demander un accompagnement CEP ou étudier un projet de transition professionnelle avant toute décision.

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