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Facture auto-entrepreneur en franchise en base de TVA : quelles mentions obligatoires ?

8 min de lecture ·Mis à jour le 14 juillet 2026 ·Par la rédac WTRNS
Facture auto-entrepreneur et calculatrice posées sur un bureau moderne, ordinateur portable en arrière-plan

Une ligne oubliée ou mal rédigée sur une facture d'auto-entrepreneur peut suffire à bloquer un virement client ou à attirer l'attention d'un contrôle fiscal : quelles sont exactement les mentions à ne jamais oublier quand on facture en franchise en base de TVA ? Le statut auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) dispense de facturer la TVA tant qu'un certain seuil de chiffre d'affaires n'est pas dépassé, mais cette dispense a ses propres règles de forme. Ce guide reprend, mention par mention, ce qui doit figurer sur une facture en franchise, et les pièges qui reviennent le plus souvent.

Franchise en base de TVA : ce que ça change concrètement sur une facture

La franchise en base de TVA est le régime par défaut de la plupart des micro-entrepreneurs : tant que le chiffre d'affaires annuel reste sous certains seuils (variables selon l'activité, vente de marchandises, prestations de services, professions libérales), l'entreprise ne facture pas de TVA à ses clients et ne la récupère pas non plus sur ses achats professionnels.

Concrètement, cela signifie deux choses sur chaque facture émise :

  • Aucune ligne de TVA ne doit apparaître : pas de taux, pas de montant de taxe ajouté au prix hors taxe.
  • Une mention légale précise doit justifier cette absence de TVA, faute de quoi la facture est considérée comme incomplète.

Le prix facturé au client est donc le montant net, sans majoration de taxe, un avantage compétitif réel pour vendre à des particuliers, mais un point de vigilance pour les clients professionnels qui, eux, ne pourront pas récupérer de TVA sur cet achat.

Les mentions obligatoires, une par une

Au-delà de la question de la TVA, une facture d'auto-entrepreneur doit comporter les mentions obligatoires de toute facture commerciale française :

  1. Numéro de facture, unique et suivant une numérotation chronologique sans trou (une séquence par année civile est acceptée).
  2. Date d'émission de la facture.
  3. Identité complète du vendeur : nom (ou nom commercial), adresse, numéro SIREN ou SIRET, et le cas échéant le code APE/NAF.
  4. Identité du client : nom ou raison sociale et adresse (obligatoire en B2B, recommandée aussi en B2C dès que le montant est significatif).
  5. Désignation précise de la prestation ou du produit vendu, quantité et prix unitaire hors taxe.
  6. Montant total à payer, ici égal au montant hors taxe puisqu'aucune TVA n'est ajoutée.
  7. Date d'échéance du paiement et conditions de règlement (ou mention « payable comptant » si c'est le cas).
  8. Mention de franchise en base de TVA (voir section suivante).

Pour une activité facturée en grande partie en ligne, ces mentions se retrouvent souvent au même endroit qu'un compte professionnel dédié : c'est l'occasion de vérifier que votre compte pro reste adapté à votre volume de facturation à mesure que l'activité grandit.

La mention légale exacte à recopier sur chaque facture

La formule à faire figurer sur chaque facture, en bas de document, est encadrée par le code général des impôts. La version la plus couramment utilisée est :

« TVA non applicable, article 293 B du Code général des impôts »

Cette phrase doit apparaître sur toutes les factures tant que le statut de franchise en base s'applique, y compris les factures d'acompte ou les avoirs. Elle n'a en revanche plus lieu d'être dès que l'entreprise devient redevable de la TVA (dépassement de seuil ou option volontaire) : à partir de ce moment, la TVA doit au contraire être facturée normalement, avec taux et montant apparents.

Facture avec ou sans TVA : le tableau comparatif

Élément de la factureEn franchise en baseHors franchise (TVA due)
Ligne de TVAAbsenteTaux et montant affichés
Mention légale« TVA non applicable, art. 293 B du CGI »Numéro de TVA intracommunautaire du vendeur
Montant totalÉgal au prix hors taxePrix hors taxe + TVA
TVA récupérable sur achats proNonOui, sous conditions

Les erreurs qui font capoter un paiement ou un contrôle

Quelques erreurs reviennent régulièrement chez les auto-entrepreneurs, souvent par méconnaissance plutôt que par négligence :

  • Oublier totalement la mention de franchise. Certains services comptables ou clients grands comptes refusent purement et simplement une facture qui n'y fait pas référence, ce qui retarde le paiement.
  • Ajouter une ligne « TVA : 0 % » à la place de la mention légale : ce n'est pas équivalent, et ne remplace pas la référence à l'article 293 B.
  • Numéroter les factures dans le désordre ou laisser des trous dans la numérotation, ce qui pose problème en cas de contrôle fiscal, même en l'absence de TVA à vérifier.
  • Continuer à facturer sans TVA après avoir dépassé le seuil, par oubli ou par retard de suivi du chiffre d'affaires cumulé.
  • Confondre franchise en base et exonération de TVA pour activité spécifique (professions médicales, enseignement…) : les mentions légales à faire figurer ne sont pas identiques selon le fondement juridique de l'absence de TVA.

Une gestion administrative propre, facturation, suivi du chiffre d'affaires, relances clients, pèse vite dans le quotidien d'une petite activité ; c'est aussi pour cette raison que certains auto-entrepreneurs externalisent une partie de ces tâches, par exemple via un télésecrétariat pour dégager du temps sur la partie commerciale.

Que se passe-t-il si vous dépassez le seuil de franchise en cours d'année ?

Le seuil de franchise en base dépend de la nature de l'activité (vente ou prestation de services), et fait l'objet chaque année d'ajustements qu'il vaut mieux vérifier auprès de l'administration fiscale ou d'un expert-comptable, plutôt que de se fier à un chiffre figé dans le temps. Deux situations se présentent en cas de dépassement :

  1. Dépassement modéré, dans les limites d'un seuil majoré : la franchise continue de s'appliquer jusqu'à la fin de l'année en cours.
  2. Dépassement du seuil majoré : l'entreprise devient redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement, et doit alors facturer la TVA sur toutes les factures suivantes, y compris rétroactivement sur celles émises depuis ce basculement si elles n'en comportaient pas encore.

D'où l'intérêt de suivre son chiffre d'affaires cumulé mois par mois plutôt que de le découvrir en fin d'année : un changement de régime en cours d'exercice implique d'adapter sa facturation sans délai, et parfois de renvoyer des factures rectificatives à des clients déjà réglés. Diversifier ses sources de revenus (site web, contenu, affiliation) peut aussi accélérer ce dépassement de seuil plus vite que prévu, un bon rappel pour qui envisage de développer une activité en ligne complémentaire en plus de son activité principale.

FAQ

Faut-il indiquer un taux de TVA à 0 % sur une facture en franchise en base ?

Non. Il ne faut faire figurer aucune ligne de TVA, ni à 0 % ni à un autre taux. La seule mention requise est la référence légale à l'article 293 B du Code général des impôts.

Un client professionnel peut-il refuser une facture sans TVA ?

Un client ne peut pas exiger l'ajout d'une TVA qui n'est pas due, mais il peut refuser une facture incomplète si la mention légale de franchise est absente : c'est cette mention, et non l'ajout d'une TVA fictive, qui rend la facture conforme.

La mention de franchise doit-elle figurer sur les devis aussi ?

Ce n'est pas une obligation légale stricte sur un devis, mais l'indiquer évite toute ambiguïté pour le client sur le montant final à payer, notamment s'il compare plusieurs prestataires dont certains facturent la TVA.

Que faire si j'ai émis une facture sans la mention légale par erreur ?

Il est possible d'émettre une facture rectificative faisant référence à la facture initiale, en y ajoutant la mention manquante. Mieux vaut corriger rapidement plutôt que d'attendre un contrôle ou une remarque du client.

Le seuil de franchise en base est-il le même pour toutes les activités ?

Non, il varie selon qu'il s'agit d'activités de vente de marchandises ou de prestations de services, avec des montants différents et, pour chacun, un seuil de tolérance majoré. Le suivi précis dépend de l'activité déclarée et mérite d'être vérifié chaque année auprès de l'administration.

Peut-on choisir de facturer la TVA volontairement même sous les seuils ?

Oui, une option pour le paiement de la TVA reste possible même en dessous des seuils de franchise, notamment quand l'activité génère beaucoup d'achats professionnels dont on souhaite récupérer la TVA. Cette option engage l'entreprise pour une durée minimale et mérite d'être étudiée avec un expert-comptable.

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