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Évitez les pièges: comprendre les amendes du code de la route pour prévenir les infractions courantes

11 min de lecture ·Mis à jour le 10 février 2024 ·Par la rédac WTRNS

Une amende routière ne se résume jamais à un simple montant à régler. Selon l’infraction, elle peut entraîner un retrait de points, une suspension de permis, une immobilisation du véhicule, voire une convocation devant le tribunal. Pour éviter les pièges et comprendre les amendes du code de la route, il faut distinguer les classes de contraventions, respecter les délais de paiement et savoir précisément quand une contestation est justifiée.

Comprendre les amendes et les sanctions routières

En France, les manquements au code de la route relèvent soit de la contravention, soit du délit. La contravention couvre une grande partie des infractions quotidiennes : stationnement interdit, téléphone tenu en main, défaut de ceinture, feu rouge, excès de vitesse ou défaut de contrôle technique. Les comportements les plus graves, comme la conduite sous l’emprise de stupéfiants ou avec un taux d’alcool très élevé, peuvent constituer un délit.

La sanction peut combiner plusieurs conséquences. Une même infraction peut ainsi entraîner une amende, une perte de points, une suspension administrative ou judiciaire du permis, une interdiction de conduire certains véhicules et, dans les cas graves, la saisie ou la confiscation du véhicule.

  • L’amende forfaitaire s’applique à de nombreuses contraventions constatées par les forces de l’ordre ou par un radar.
  • L’amende forfaitaire minorée récompense un paiement rapide lorsque l’infraction y est éligible.
  • L’amende forfaitaire majorée intervient en cas de non-paiement dans les délais.
  • L’amende pénale est fixée par un juge, notamment lorsqu’une affaire passe devant le tribunal ou concerne un délit.
  • Le forfait de post-stationnement (FPS) concerne le stationnement payant non réglé ou insuffisamment réglé : ce n’est pas une amende pénale et son montant dépend de la commune.

Montants des amendes : classes, minoration et majoration

Les contraventions sont réparties en cinq classes. Le montant maximal légal n’est pas toujours celui qui figure sur l’avis reçu : pour les infractions les plus courantes, l’administration applique souvent un tarif forfaitaire. Les montants ci-dessous donnent le cadre général ; des peines complémentaires peuvent s’y ajouter.

Classe de contraventionExemples fréquentsMontant forfaitaire habituelMontant maximal encouru
1re classeInfractions mineures de stationnement ou de circulationEn général 11 €38 €
2e classeCertains stationnements gênants, défaut d’équipement ou d’éclairage35 €150 €
3e classeQuelques manquements administratifs ou équipements non conformes68 €450 €
4e classeTéléphone, ceinture, feu rouge, nombreuses limitations de vitesse135 €750 €
5e classeInfractions particulièrement graves, dont certains très grands excès de vitesseSouvent traitée hors procédure forfaitaire1 500 €

Pour les amendes forfaitaires concernées, les barèmes les plus répandus sont les suivants :

  • 2e classe : 22 € minorée, 35 € forfaitaire, 75 € majorée.
  • 3e classe : 45 € minorée, 68 € forfaitaire, 180 € majorée.
  • 4e classe : 90 € minorée, 135 € forfaitaire, 375 € majorée.

En règle générale, l’amende peut être minorée en cas de paiement dans les 15 jours suivant l’avis, délai habituellement porté à 30 jours en cas de télépaiement. Le délai ordinaire de paiement est généralement de 45 jours, ou de 60 jours pour le télépaiement. Les dates figurant sur l’avis font foi : elles doivent être suivies à la lettre.

Une majoration ne doit pas être ignorée. À ce stade, le recouvrement peut être confié au Trésor public, avec des procédures de recouvrement susceptibles de compliquer la situation. Un changement d’adresse non déclaré sur la carte grise n’empêche pas la procédure : il expose au contraire le titulaire à recevoir tardivement les avis et à perdre l’accès au tarif minoré.

Infractions courantes : amendes, retraits de points et risques

La plupart des pertes de points proviennent d’un nombre limité de comportements répétitifs. Connaître leur niveau de gravité aide à prioriser ses habitudes de conduite.

InfractionSanction financière habituelleRetrait de pointsRisques complémentaires
Téléphone tenu en main au volant135 €3 pointsSuspension possible dans certaines situations de cumul d’infractions
Non-port de la ceinture de sécurité135 €3 points pour le conducteurResponsabilité accrue en cas d’accident
Franchissement d’un feu rouge135 €4 pointsSuspension du permis possible
Refus de priorité ou stop non marqué135 €4 pointsSuspension possible selon les circonstances
Excès de vitesse inférieur à 20 km/h68 € ou 135 € selon la limitation1 pointMontant plus élevé lorsque la vitesse autorisée est de 50 km/h ou moins
Excès de 20 à 29 km/h135 €2 points
Excès de 30 à 39 km/h135 €3 pointsSuspension possible
Excès de 40 à 49 km/h135 €4 pointsSuspension possible
Alcool entre 0,5 et 0,79 g/l de sang135 €6 pointsRétention ou suspension du permis possible

Un excès de vitesse égal ou supérieur à 50 km/h est particulièrement sévèrement traité : il relève désormais de la cinquième classe, avec jusqu’à 1 500 € d’amende, un retrait de 6 points et des mesures possibles sur le permis. La conduite avec un taux d’alcoolémie d’au moins 0,8 g/l de sang ou sous l’emprise de stupéfiants constitue, elle, un délit. Les sanctions judiciaires peuvent inclure une forte amende, une peine d’emprisonnement, une suspension ou une annulation du permis et la confiscation du véhicule.

Attention également au stationnement. Un stationnement payant non réglé donne généralement lieu à un FPS, dont le prix est fixé localement. Un stationnement gênant, très gênant ou dangereux peut en revanche relever d’une contravention, avec amende et parfois mise en fourrière. Il faut donc distinguer l’horodateur non payé d’un arrêt sur piste cyclable, passage piéton, trottoir ou emplacement réservé.

Payer ou contester une amende : la bonne démarche

Le bon choix dépend d’une question simple : l’infraction est-elle établie et le conducteur est-il correctement identifié ? Une contestation ne doit pas servir à gagner du temps, mais à faire valoir une erreur factuelle, juridique ou d’attribution.

Payer l’amende

Le paiement est adapté lorsque les faits sont exacts, que l’avis concerne bien votre véhicule et que vous ne disposez d’aucun élément sérieux de contestation. Payez avant la date limite pour bénéficier, si elle est proposée, de la minoration. Le retrait de points intervient lorsque la réalité de l’infraction est établie, notamment après paiement de l’amende forfaitaire.

Contester l’amende

La contestation est pertinente en cas d’erreur de plaque, de véhicule vendu ou volé, d’usurpation de plaques, de défaut dans l’avis, de conducteur distinct ou de circonstances pouvant être prouvées. Ne payez pas avant d’avoir choisi cette voie : le paiement peut empêcher la contestation de suivre son cours normal.

Pour contester une amende forfaitaire, le délai est généralement de 45 jours à compter de l’avis. Pour une amende forfaitaire majorée, il est habituellement de 30 jours. La démarche peut être réalisée via le site de l’ANTAI ou par courrier selon les indications de l’avis.

  1. Relisez intégralement l’avis : immatriculation, date, heure, lieu, qualification et délai.
  2. Choisissez le motif de contestation correspondant exactement à votre situation.
  3. Joignez les preuves utiles : certificat de cession, dépôt de plainte, attestation, billets de transport, photos ou tout document daté et vérifiable.
  4. Respectez le canal et le délai imposés par l’avis.
  5. Conservez une copie complète de votre dossier et l’accusé de dépôt.

Pour certaines infractions relevées par radar ou dispositif automatisé, une consignation peut être demandée pour que la requête soit recevable. Elle ne vaut pas paiement de l’amende et peut être restituée si la contestation aboutit. En cas de doute sur un dossier complexe, notamment si une suspension ou une poursuite pénale est en jeu, l’avis d’un avocat en droit routier peut être utile.

Un SMS ou un courriel réclamant un paiement immédiat mérite une vigilance maximale. Vérifiez toujours l’avis et accédez directement aux sites officiels, sans cliquer sur un lien reçu de manière inattendue.

Préserver son permis de conduire

Le permis probatoire commence avec un capital de 6 points, puis progresse sous conditions jusqu’à 12 points. Pour tous les permis, le solde ne peut jamais être négatif : lorsque le capital tombe à zéro, l’invalidation du permis est prononcée après notification administrative.

Les points ne sont pas retirés au moment du contrôle. La perte devient effective lorsque l’infraction est juridiquement établie : paiement de l’amende, émission d’un titre exécutoire pour une amende majorée, condamnation définitive ou exécution d’une composition pénale. Le conducteur peut consulter son solde et télécharger son relevé d’information via le portail officiel Mes points permis.

Plusieurs mécanismes permettent de reconstituer son capital :

  • Récupération automatique : elle dépend de la nature de l’infraction, du nombre de points perdus et de l’absence de nouvelle infraction avec retrait de points pendant le délai applicable.
  • Stage de sensibilisation volontaire : il permet généralement de récupérer jusqu’à 4 points, dans la limite du plafond du permis, et ne peut être suivi à cette fin qu’une fois par an.
  • Contestation fondée : elle évite un retrait de points si l’infraction est annulée ou si l’intéressé n’est pas légalement reconnu responsable en tant que conducteur.

Un stage ne fait pas disparaître l’amende et ne remplace pas une contestation. Il s’agit d’un outil de récupération de points, généralement facturé quelques centaines d’euros selon l’organisme et la zone géographique.

Méthode concrète pour prévenir les infractions au quotidien

La prévention efficace repose moins sur la mémoire des barèmes que sur des routines simples. Elles limitent les infractions d’inattention, qui sont les plus fréquentes.

  1. Préparez le trajet : vérifiez les limitations particulières, les zones scolaires, les travaux, les zones à faibles émissions éventuelles et les règles de stationnement de destination.
  2. Programmez le GPS avant de partir : manipuler un téléphone, même brièvement, est une prise de risque et une source d’infraction.
  3. Adaptez votre vitesse au panneau le plus récent : ne vous fiez pas uniquement à l’habitude ou à la vitesse des autres véhicules.
  4. Contrôlez les équipements : pneus, éclairage, plaque lisible, assurance, contrôle technique et documents du véhicule doivent être à jour.
  5. Anticipez le stationnement : lisez les panneaux jusqu’au bout, vérifiez les horaires, les zones de livraison et les emplacements réservés.
  6. Évitez tout alcool ou stupéfiant avant de conduire : la seule stratégie fiable est de prévoir un conducteur sobre, un transport collectif, un taxi ou un hébergement.
  7. Traitez chaque avis immédiatement : notez la date limite, vérifiez les éléments et choisissez rapidement entre paiement et contestation.

Enfin, les règles et les montants peuvent évoluer. Pour une situation précise, notamment après réception d’un avis, consultez les indications portées sur le document et les informations actualisées sur Service-Public.fr. Cette vérification est indispensable avant toute décision engageant votre permis ou votre budget.

FAQ

Quel délai ai-je pour payer une amende routière minorée ?

En général, le paiement minoré doit intervenir dans les 15 jours suivant l’avis. Le délai est habituellement porté à 30 jours en cas de télépaiement. Vérifiez néanmoins la date et les modalités inscrites sur votre avis, qui font référence.

Que se passe-t-il si je ne paie pas une amende dans les délais ?

L’amende forfaitaire devient majorée. Son montant augmente sensiblement et le Trésor public peut engager son recouvrement. Ne laissez jamais un avis sans réponse, même si vous estimez ne pas être responsable : il faut alors le contester dans les délais.

Payer une amende entraîne-t-il automatiquement un retrait de points ?

Lorsque l’infraction prévoit un retrait de points, le paiement de l’amende forfaitaire établit la réalité de l’infraction et déclenche la procédure de retrait. En revanche, certaines infractions, comme de nombreux défauts administratifs ou certains FPS, ne retirent pas de points.

Peut-on contester une amende après l’avoir payée ?

Le paiement vaut généralement reconnaissance de l’infraction et rend la contestation beaucoup plus difficile, voire impossible dans la procédure ordinaire. Il faut donc examiner l’avis et les preuves avant de payer, sauf situation particulière à faire analyser par un professionnel.

Une amende de stationnement fait-elle perdre des points ?

Un forfait de post-stationnement pour défaut de paiement du stationnement payant ne retire pas de point. En revanche, un stationnement dangereux, très gênant ou réalisé dans une zone interdite peut relever d’une contravention et entraîner une amende, une fourrière et parfois des conséquences supplémentaires.

Combien de points peut-on perdre lors de plusieurs infractions commises en même temps ?

Lorsqu’elles sont constatées simultanément, plusieurs infractions peuvent se cumuler, mais le retrait est en principe plafonné à 8 points. Ce plafond ne protège pas contre les autres sanctions possibles, telles qu’une amende, une suspension du permis ou une immobilisation du véhicule.

Comment savoir combien de points il reste sur son permis ?

Vous pouvez consulter votre solde via le site officiel Mes points permis. Il permet d’accéder à des informations sur votre dossier, sous réserve de vous identifier avec les moyens demandés par le service.

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