Immobilier & Habitat

Informer d'un changement de bail de location immobilière : démarches à suivre

10 min de lecture ·Mis à jour le 30 juin 2025 ·Par la rédac WTRNS
Informer d'un changement de bail de location immobilière : démarches à suivre

Un changement de bail de location immobilière ne se résume pas à prévenir l’autre partie par e-mail. Selon la situation, il peut s’agir du départ d’un locataire, de l’arrivée d’un colocataire, d’une vente du logement, d’une modification de loyer ou du remplacement d’un occupant. Chaque cas obéit à des règles différentes : certaines imposent un préavis formel, d’autres exigent un avenant signé, tandis que certaines modifications sont tout simplement interdites sans l’accord exprès de toutes les parties. Ce guide détaille les démarches applicables aux locations d’habitation en France, principalement régies par la loi du 6 juillet 1989.

Qualifier le changement : nouveau bail, avenant ou simple information

Avant d’envoyer un courrier, identifiez précisément la nature du changement. L’expression « changement de bail » est courante, mais elle ne correspond pas à une procédure juridique unique. Un bail en cours continue en principe de produire ses effets jusqu’à son terme, sauf congé, résiliation, transfert légal ou accord écrit entre les parties.

SituationSolution juridique habituelleAccord nécessaireInformation à transmettre
Départ définitif du locataireCongé donné par le locataire puis fin du bailNon, sous réserve du respect du préavisPréavis au bailleur, date de départ et adresse de suivi
Ajout ou retrait d’un colocataireAvenant au bail ou nouveau bailOui, accord du bailleur et signatures concernéesIdentité, date d’effet, garanties et répartition du loyer
Remplacement d’un locataire par un tiersNouveau bail après fin du précédentLe bailleur choisit le nouveau locataireCongé du partant, puis contrat avec le nouvel occupant
Cession du bail à une autre personneAccord écrit préalable du bailleurOuiConditions précises de la cession et identité du cessionnaire
Vente du logement louéTransfert du bail au nouvel acquéreurNon pour le locataireCoordonnées du nouveau bailleur et modalités de paiement
Modification du loyer, des charges ou d’une clauseAvenant, sauf révision prévue au contratOui, sauf mécanisme légal ou clause valableMontant, date d’effet et fondement de la modification

Les règles selon chaque situation de changement de bail

Le locataire quitte le logement

Le locataire peut donner congé à tout moment. Il n’a pas à justifier son départ, mais il doit respecter un préavis et notifier son congé dans une forme valable. Pour une location vide, le préavis est en principe de trois mois. Il est ramené à un mois notamment en zone tendue, pour un logement meublé, après l’obtention d’un premier emploi, une mutation, une perte d’emploi, une reprise d’emploi après une perte d’emploi, ou pour certains bénéficiaires de minima sociaux et raisons de santé. Lorsque le motif doit être justifié, le locataire joint le justificatif utile au courrier.

Le préavis commence à courir le jour où le bailleur reçoit le congé, et non le jour de son envoi. Le locataire reste redevable du loyer et des charges pendant cette période, sauf si le logement est reloué plus tôt avec l’accord du bailleur. Il ne peut pas déduire le dernier mois de loyer du dépôt de garantie.

Un occupant ou un colocataire arrive ou part

En colocation, l’arrivée d’une personne supplémentaire ne doit pas être traitée comme une simple information. Le bailleur doit accepter le nouvel occupant si celui-ci devient cotitulaire du bail. Un avenant permet d’indiquer son identité, la date d’entrée, la présence éventuelle d’une clause de solidarité, le montant du dépôt de garantie et les cautions. Sans signature du bailleur, la personne hébergée n’acquiert pas automatiquement la qualité de locataire.

Lorsqu’un colocataire part, il doit donner congé dans les formes. Son nom ne disparaît pas automatiquement du contrat : un avenant est conseillé pour constater son départ et l’entrée éventuelle d’un remplaçant. En présence d’une clause de solidarité, le colocataire sortant et sa caution peuvent rester tenus des dettes locatives pendant six mois après la prise d’effet du congé, sauf si un nouveau colocataire inscrit au bail le remplace avant cette échéance.

Le locataire veut céder ou sous-louer le logement

Le locataire ne peut pas céder librement son bail à une autre personne. La cession exige l’accord écrit du bailleur. De même, la sous-location est interdite sans autorisation écrite du propriétaire, y compris sur le prix demandé au sous-locataire. Un locataire qui « trouve un remplaçant » ne peut donc pas imposer ce candidat au propriétaire ni transférer seul ses obligations.

Une location saisonnière via une plateforme, une sous-location d’une chambre ou l’occupation contre paiement par un tiers peut être qualifiée de sous-location. Les conséquences peuvent être sérieuses : résiliation judiciaire du bail, restitution de sous-loyers indûment perçus ou litige sur l’assurance. Une autorisation écrite précise reste indispensable.

Le logement est vendu pendant la location

La vente d’un logement occupé ne met pas fin au bail. L’acquéreur devient le nouveau bailleur et reprend le contrat avec ses clauses, sa durée restante et son loyer. Il ne peut pas exiger la signature immédiate d’un nouveau bail, ni augmenter le loyer parce qu’il vient d’acheter le bien.

En pratique, vendeur ou acquéreur doit communiquer clairement au locataire les coordonnées du nouveau propriétaire ou gestionnaire, l’adresse de paiement du loyer, la date de changement et les interlocuteurs pour les quittances ou réparations. Le dépôt de garantie est transféré entre vendeur et acquéreur lors de la vente ; à la sortie du locataire, c’est le bailleur alors propriétaire qui doit en assurer la restitution dans les conditions légales.

Le bailleur souhaite donner congé ou modifier le bail

Le bailleur ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, avec un motif légal : reprise pour habiter, vente ou motif légitime et sérieux, par exemple des impayés répétés. Le délai de préavis est généralement de six mois pour une location vide et de trois mois pour une location meublée. Le congé doit respecter des règles de forme et de contenu strictes ; une erreur peut entraîner sa nullité.

Une hausse annuelle de loyer est possible uniquement si le bail contient une clause de révision, généralement indexée sur l’indice de référence des loyers. Elle doit être demandée dans l’année qui suit la date de révision prévue. Une réévaluation au renouvellement d’un loyer manifestement sous-évalué obéit à une procédure distincte et très encadrée. Les règles locales d’encadrement des loyers et les restrictions liées à la performance énergétique peuvent aussi limiter les augmentations.

Préavis, délais et preuves de notification

Pour un congé de location, les moyens les plus sûrs sont la lettre recommandée avec accusé de réception, l’acte de commissaire de justice ou la remise en main propre contre récépissé ou émargement. Un simple e-mail, un SMS ou un appel téléphonique ne suffit pas à prouver un congé valable. Une lettre recommandée non réclamée ne sécurise pas nécessairement la date de réception : lorsqu’un délai est critique, l’acte de commissaire de justice évite ce risque.

Conservez systématiquement une copie du courrier, les pièces justificatives, l’accusé de réception, le récépissé ou l’acte de signification. Pour un avenant, chaque signataire doit recevoir un exemplaire original ou un exemplaire signé. Il est prudent de dater le document, de préciser sa prise d’effet et d’indiquer expressément que les autres clauses du bail demeurent inchangées.

La procédure à suivre étape par étape

  1. Relire le bail et ses annexes. Vérifiez la durée, le type de location, la clause de solidarité, la clause de révision, les conditions de garantie et l’existence d’une agence mandatée.
  2. Déterminer le mécanisme adapté. Congé, avenant, nouveau bail, autorisation de sous-location ou simple notification au nouveau propriétaire : ne mélangez pas ces documents.
  3. Calculer la date d’effet. Pour un congé, partez de la réception par le destinataire. Pour un avenant, choisissez une date réaliste, généralement l’entrée du nouveau colocataire ou la modification convenue.
  4. Réunir les justificatifs. Ajoutez, si nécessaire, le justificatif ouvrant droit à un préavis réduit, les pièces du nouveau colocataire, l’accord de caution ou les coordonnées bancaires du nouveau bailleur.
  5. Notifier dans une forme probante. Utilisez un mode de transmission adapté au document et conservez toutes les preuves.
  6. Signer l’avenant ou le nouveau contrat. Aucun changement substantiel ne doit reposer sur un accord oral. Les cautions doivent également signer lorsque leur engagement est modifié ou renouvelé.
  7. Organiser l’état des lieux et les comptes. À chaque départ ou arrivée, réalisez un état des lieux contradictoire, relevez les compteurs et régularisez les clés, assurances et paiements.
  8. Mettre à jour les organismes utiles. CAF, assureur, garant, fournisseur d’énergie et syndicataire de gestion, selon la situation.

Avenant ou nouveau contrat : quelle solution choisir ?

L’avenant au bail

Il convient lorsque le bail se poursuit avec une modification ciblée : ajout ou retrait d’un colocataire, changement de mandataire, correction d’une erreur, accord sur une clause précise. Il reprend la référence du bail initial, décrit exactement la modification, fixe sa date d’effet et maintient le reste du contrat.

Son avantage est de préserver l’ancienneté du bail, le loyer et les droits déjà acquis. En revanche, il exige un texte très clair, notamment sur la solidarité, le dépôt de garantie et les cautions.

Le nouveau bail

Il est préférable lorsque le précédent locataire part totalement et qu’un nouveau candidat entre, ou lorsque les parties souhaitent repartir sur une relation contractuelle complète. Le propriétaire peut alors établir un contrat conforme aux règles en vigueur, avec ses annexes obligatoires.

Un nouveau bail implique un nouvel état des lieux d’entrée, un dépôt de garantie distinct et, le cas échéant, une nouvelle caution. Il ne doit pas servir à contourner les protections d’un locataire déjà en place.

Documents, état des lieux, dépôt de garantie et organismes à prévenir

Les documents à remettre au nouveau locataire

Lorsqu’un nouveau bail est signé, le bailleur remet un contrat écrit et ses annexes obligatoires : dossier de diagnostic technique applicable, notice d’information, état des lieux d’entrée et, pour un meublé, inventaire et état détaillé du mobilier. Selon le logement, le dossier comprend notamment le diagnostic de performance énergétique, l’état des risques, ainsi que les diagnostics électricité et gaz lorsque les installations sont concernées. Le bailleur doit aussi respecter les règles de décence, d’encadrement des loyers lorsqu’elles s’appliquent et de non-discrimination dans la sélection des candidats.

Dépôt de garantie et état des lieux

Le dépôt de garantie est plafonné à un mois de loyer hors charges en location vide et à deux mois hors charges en location meublée. Le départ d’un locataire ne permet pas au bailleur de conserver automatiquement son dépôt pour le transférer à un remplaçant. Chaque relation locative doit être soldée séparément, sauf accord très explicite entre toutes les parties dans un contexte de colocation.

Le bailleur restitue en principe le dépôt dans un délai d’un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, ou de deux mois lorsqu’il existe des différences justifiant des retenues. Les retenues doivent être justifiées. Une provision peut être conservée dans certaines limites pour la régularisation des charges de copropriété. L’état des lieux de sortie, la remise des clés et la communication de la nouvelle adresse du locataire sont donc déterminants.

CAF, assureur et caution : qui prévenir ?

  • CAF ou MSA : le locataire signale rapidement son déménagement, son changement de logement ou de colocataire dans son espace personnel. Le bailleur n’a pas à déclarer chaque avenant, mais il peut devoir compléter une attestation de loyer ou signaler un changement de locataire lorsqu’il perçoit directement une aide au logement.
  • Assureur : le locataire adapte ou résilie son assurance habitation à son départ. Le bailleur vérifie son assurance propriétaire non occupant et informe l’assureur si le risque déclaré change de manière significative.
  • Caution : un garant ne couvre pas automatiquement un nouveau bail, un nouveau locataire ou une hausse d’engagement. Faites signer un acte de cautionnement conforme lorsque nécessaire.
  • Agences et fournisseurs : l’agence reçoit les coordonnées à jour et les clés selon le mandat ; le locataire résilie ou transfère ses contrats d’énergie, d’eau et d’internet à la date de sortie.

Coûts, frais autorisés et erreurs à éviter

Le coût d’un changement de bail dépend surtout de l’intervention éventuelle d’une agence, d’un commissaire de justice ou de professionnels du diagnostic. Une lettre recommandée représente généralement quelques euros ; un acte de commissaire de justice coûte davantage mais apporte une preuve robuste. Pour une remise en location, les diagnostics coûtent souvent de l’ordre de quelques centaines d’euros selon la surface, la localisation et les diagnostics nécessaires.

Si une agence intervient, les honoraires imputables au locataire sont plafonnés pour la visite, la constitution du dossier, la rédaction du bail et l’état des lieux d’entrée. Les plafonds varient notamment selon la zone et la surface. Le bailleur ne peut pas facturer au locataire sortant des « frais de relocation », des frais de recherche d’un nouveau candidat ou la rédaction d’un nouveau bail conclu avec une autre personne.

Vigilance : ne signez jamais un document intitulé « avenant » s’il remet en cause vos droits sans raison légale, par exemple une hausse de loyer non justifiée, l’ajout rétroactif d’une clause de solidarité ou l’imposition d’un nouveau garant. En cas de doute, demandez une version écrite, comparez-la au bail initial et sollicitez l’ADIL de votre département.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Envoyer un congé par e-mail et croire que le préavis a commencé.
  • Confondre la date d’envoi de la lettre avec sa date de réception.
  • Accepter un remplaçant ou un sous-locataire sans autorisation écrite du bailleur.
  • Oublier la clause de solidarité et la situation de la caution en colocation.
  • Transférer verbalement un dépôt de garantie entre ancien et nouveau locataire.
  • Ne pas réaliser d’état des lieux contradictoire ou ne pas relever les compteurs.
  • Faire signer un nouveau bail au locataire en place après une vente, sans nécessité juridique.

Modèle de courrier pour informer d’un changement

Le contenu du courrier dépend de la situation. Pour un congé donné par un locataire, le message doit être simple, complet et non ambigu. Il est recommandé d’indiquer la référence du logement, le souhait de mettre fin au bail, la date de prise d’effet du préavis et le motif ouvrant droit à un préavis réduit, le cas échéant.

Objet : Congé du logement situé à [adresse complète]

Madame, Monsieur, je vous informe par la présente de ma décision de donner congé du bail signé le [date] pour le logement situé [adresse]. Le préavis applicable est de [un ou trois] mois à compter de la réception de ce courrier. Mon départ est donc prévu au plus tard le [date estimée].

Lorsque le préavis réduit est invoqué : je joins le justificatif correspondant à ma situation. Je vous propose de convenir d’un rendez-vous pour l’état des lieux de sortie et la remise des clés. Ma nouvelle adresse pour la restitution du dépôt de garantie sera : [adresse]. Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

Pour un avenant, remplacez ce modèle par un document signé des parties, qui précise : les noms des personnes concernées, le bail initial visé, la modification exacte, la date d’effet, le sort du dépôt de garantie, l’existence ou non d’une solidarité et la mention selon laquelle toutes les autres clauses restent inchangées.

FAQ

Un propriétaire peut-il changer un bail de location en cours ?

Non, pas unilatéralement. Il peut appliquer une révision de loyer si le bail la prévoit et si les conditions légales sont respectées. Pour modifier une clause, le montant des charges, les occupants ou d’autres éléments essentiels, il faut l’accord du locataire et un avenant signé.

Comment envoyer un préavis de départ valable ?

Le congé peut être transmis par lettre recommandée avec accusé de réception, remis en main propre contre récépissé ou signifié par commissaire de justice. Le préavis commence à la réception par le bailleur. Conservez une copie du courrier et la preuve de réception.

Un locataire peut-il trouver lui-même un remplaçant ?

Il peut proposer un candidat, mais le bailleur reste libre de l’accepter ou non, dans le respect des règles de non-discrimination. Le locataire ne peut pas céder son bail ni sous-louer le logement sans autorisation écrite préalable du propriétaire.

Faut-il refaire un bail lorsqu’un colocataire est remplacé ?

Pas systématiquement. Un avenant peut suffire si le bail se poursuit avec les autres colocataires. Il doit toutefois régler précisément l’entrée et la sortie des occupants, la solidarité, les cautions et le dépôt de garantie. Un nouveau bail est souvent plus simple si tous les occupants changent.

Qui doit prévenir la CAF en cas de changement de logement ou de colocataire ?

Le bénéficiaire de l’aide doit déclarer rapidement tout changement de logement, de situation ou de colocation à la CAF ou à la MSA. Le propriétaire peut être sollicité pour une attestation de loyer, notamment si l’aide est versée directement entre ses mains.

La vente d’un logement oblige-t-elle le locataire à signer un nouveau bail ?

Non. Le bail existant est transféré à l’acquéreur avec ses conditions en cours. Le nouveau propriétaire doit simplement communiquer ses coordonnées et les modalités de paiement. Il ne peut donner congé qu’en respectant les motifs, délais et formes imposés par la loi.

Ce guide t’a aidé ?

Explore les autres guides qui pettent.

Tous les guides →